Un mineur peut se faire percer, mais jamais sur sa seule parole : le code de la santé publique exige l'accord écrit d'un titulaire de l'autorité parentale, à pouvoir présenter pendant trois ans. Aucun modèle officiel n'existe pour autant : voici ce que le texte impose, et ce qui rend une autorisation parentale de piercing inutilisable.

Quelle autorisation parentale faut-il pour percer un mineur, et existe-t-il un modèle ?
L'article R. 1311-11 du code de la santé publique interdit de percer une personne mineure « sans le consentement écrit d'une personne titulaire de l'autorité parentale ou de son tuteur », et impose d'être « en mesure, pendant trois ans, de présenter la preuve de ce consentement aux autorités de contrôle ». Aucun formalisme, aucune mention imposée, aucun modèle officiel : tout l'enjeu est que le document montre encore, trois ans plus tard, qui a consenti, pour quel mineur et pour quel geste.

Vérifié le 10 septembre 2026 · Sources : Légifrance, Service-Public.fr, CNIL. Cet article a une visée informative et ne constitue ni un conseil juridique ni un avis médical.

L'autorisation écrite est-elle vraiment obligatoire ?

Un mineur peut-il se faire percer ?

Oui, à une condition. Un piercing sur un mineur n'est pas interdit par principe, mais le code interdit de percer une personne mineure « sans le consentement écrit d'une personne titulaire de l'autorité parentale ou de son tuteur ». Sans cet écrit, la loi vous interdit de percer, et le manquement expose à l'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe (art. R. 1312-9). Le texte désigne aussi le signataire : c'est un titulaire de l'autorité parentale — ou le tuteur — qui consent, jamais le mineur. Qui peut signer :

  • un parent titulaire de l'autorité parentale ou le tuteur : les deux seules qualités que connaît le texte ;
  • un grand-parent, un oncle, une grande sœur majeure ou un beau-parent sans autorité parentale : non, même s'ils paient ;
  • le mineur lui-même : non — il reçoit l'information, mais la loi réclame l'autre signature.

Pour un client majeur, en revanche, aucun texte n'impose de consentement signé : ce qui vaut pour tous, c'est l'information préalable sur les risques et les soins, affichée dans le local et remise par écrit (art. R. 1311-12).

Piercing mineur : existe-t-il un âge minimum ?

Non : Service-Public indique qu'il est possible de se faire poser un piercing quel que soit son âge. Le seul seuil est la majorité ; le sujet est développé dans notre guide sur l'âge et l'autorisation parentale pour tatouer un mineur.

Que doit contenir l'autorisation, ligne par ligne ?

Ni le code ni l'arrêté du 3 décembre 2008 ne décrivent ce document, et aucun modèle officiel n'accompagne ces textes : un modèle trouvé en ligne n'est ni interdit ni suffisant, puisque c'est vous qui devrez produire la preuve. Ce document cumule d'ailleurs deux choses de nature différente : l'accord parental, imposé par le code, et la trace de l'information préalable, libre dans sa forme.

  1. Qui a consenti : nom, prénom et qualité du signataire, écrite par lui — « mère », « père », « tuteur » ;
  2. pour quel mineur : nom, prénom et date de naissance — la date, pas l'âge ; dans trois ans, « 16 ans » ne dira plus rien ;
  3. pour quel geste : la zone et le bijou de première pose — un accord pour un lobe n'en est pas un pour une langue ;
  4. quand et chez qui : date, lieu, signature du parent et nom du perceur. Sans date, cette signature ne prouve pas qu'elle précédait la pose.

Si vous partez d'une page blanche, cette trame se recopie telle quelle : « Je soussigné(e) …, agissant en qualité de … de …, né(e) le …, déclare avoir reçu l'information sur les risques et les soins, et autoriser la pose d'un piercing … (zone et bijou) le …. Signature. »

Quelle pièce d'identité demander, et faut-il en garder une copie ?

Aucun texte ne vous impose d'en demander une, ni ne vous y autorise expressément. Ce que vous devez pouvoir démontrer, c'est que le signataire était bien titulaire de l'autorité parentale. Demander à voir sa pièce d'identité et noter que vous l'avez vue est la démarche la plus sobre ; en garder une copie suppose de savoir pourquoi et pour combien de temps. La CNIL, interrogée sur un tout autre métier, répond qu'un hôtelier ne peut pas copier la pièce de son client ; il peut lui demander de la présenter, mais parce qu'une obligation légale le lui impose. La distinction est là : présenter n'est pas copier.

Qu'est-ce qui rend une autorisation inutilisable ?

Le papier ne vaut que par ce qu'il montrera plus tard. Les défauts les plus fréquents :

  • un accord verbal ou un SMS : le texte exige un écrit, et un message n'établit ni qui l'a envoyé, ni sa qualité ;
  • un mot manuscrit que rien ne relie à un titulaire de l'autorité parentale, ou sans date ;
  • une autorisation « pour un piercing » sans dire lequel ;
  • une photo illisible, ou un classeur où la feuille sera introuvable dans trois ans.

Ce n'est pas le document qui vous protège : c'est lui qui vous permet de prouver que vous avez respecté le texte.

Combien de temps faut-il pouvoir la présenter ?

Trois ans — et la formule compte : R. 1311-11 vous demande d'être en mesure de présenter la preuve de ce consentement, ce qui n'est pas une autorisation à tout garder. Le document porte aussi la trace de l'information préalable, et sur ce terrain le code civil raisonne en deux temps (article 1112-1) : « il incombe à celui qui prétend qu'une information lui était due de prouver que l'autre partie la lui devait, à charge pour cette autre partie de prouver qu'elle l'a fournie ». Ces trois ans ne visent que l'accord parental d'un mineur ; pour vos clients majeurs, voir la conservation des fiches.

Le parent doit-il être présent, ou seulement informé ?

Aucun texte n'impose sa présence pendant la pose. L'exigence est ailleurs : l'arrêté du 3 décembre 2008 prévoit, à son article 4, que l'information est dispensée « au mineur ainsi qu'à une personne titulaire de l'autorité parentale ou au tuteur », préalablement au consentement, le parent remettant son accord écrit « au regard de l'information délivrée ».

Une feuille signée six mois plus tôt par un parent qui n'a rien entendu des risques ne correspond pas à ce que le texte décrit. Un parent joint au téléphone, ou reçu au studio avant l'acte, est la façon la plus simple de coller au texte — et il faut lui remettre, comme au jeune, le document d'information et les consignes de soins : la cicatrisation court sur des semaines que l'adolescent vivra en cours, en sport et à la piscine.

Faut-il l'accord des deux parents ?

C'est le point le plus glissant, et la réponse honnête est qu'aucune source officielle ne tranche. R. 1311-11 exige le consentement « d'une personne titulaire de l'autorité parentale ». L'article 372-2 du code civil répute chacun des parents agir avec l'accord de l'autre lorsqu'il fait seul un acte usuel ; Service-Public définit celui-ci comme « un acte quotidien, sans gravité, qui n'engage pas l'avenir de l'enfant ou ses droits fondamentaux ou qui s'inscrit dans une pratique antérieure non contestée », les actes non usuels exigeant l'accord des deux.

La question se pose surtout quand les parents sont séparés ou divorcés. Service-Public rappelle que « la séparation des parents ne change pas la dévolution de l'exercice de l'autorité parentale », mais qu'un juge aux affaires familiales peut la confier à un seul parent — et un « l'autre est d'accord » invérifiable ne se trace pas. Aucun texte ne dit dans quelle catégorie tombe un piercing — un lobe et une langue ne se ressemblent pas, et le doute grandit avec la visibilité du geste. Le réflexe n'est pas d'arbitrer : c'est de noter qui a signé et en quelle qualité.

Le lobe d'un enfant, le pistolet en bijouterie : même obligation ?

Oui, pour l'accord parental. R. 1311-11 renvoie à deux articles : R. 1311-1, le perçage corporel, et R. 1311-6, « le perçage du pavillon de l'oreille et de l'aile du nez par la technique du pistolet perce-oreille ». Même obligation d'accord parental écrit et d'information, donc : même pour un lobe, même à quatre ans, même en bijouterie — et le manquement y expose à la même amende (art. R. 1312-10). L'hygiène du pistolet, elle, relève d'une section distincte et d'un arrêté distinct du 11 mars 2009. L'information, enfin, est due au mineur autant qu'au parent : à six ans, avec des mots qu'il comprend.

Pouvez-vous refuser certaines zones, ou refuser tout court ?

Aucun texte ne dresse la liste des zones interdites sur un mineur : c'est à vous de poser vos limites, et beaucoup de perceurs refusent par principe le téton, le nombril et les zones intimes avant la majorité — un refus expliqué est une décision professionnelle, pas un manquement. Refuser n'est pas sans limite pour autant : l'article L. 121-11 du code de la consommation interdit de refuser une prestation « sauf motif légitime ». L'absence d'autorisation valable en est un, une contre-indication ou une zone que vous jugez inadaptée aussi ; un refus fondé sur un critère discriminatoire, jamais.

Questions fréquentes

Peut-on télécharger un modèle d'autorisation parentale piercing en PDF ?

Aucun modèle officiel n'existe et aucun texte n'en fixe le contenu : ce qui compte n'est pas la mise en page, mais la capacité à identifier le signataire, sa qualité, le mineur, le geste et la date.

À 16 ou 17 ans, faut-il encore l'autorisation des parents ?

Oui. Les textes ne connaissent qu'un seuil, la majorité : à 16 comme à 17 ans, l'écrit d'un titulaire de l'autorité parentale reste exigé. Le « 16 ans minimum » de beaucoup de studios est leur propre politique, pas une exigence des textes.

Un mineur émancipé peut-il se faire percer seul ?

L'émancipation rend le mineur capable de tous les actes de la vie civile (article 413-6 du code civil), mais R. 1311-11 vise « une personne mineure » sans exception, et aucune source officielle ne tranche. Un perceur prudent demandera le jugement d'émancipation et, en cas de doute, reportera.

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Ce qu'elle ne fait pas : le parent ne signe pas sur l'écran. C'est votre feuille, signée à la main, qui est photographiée et rattachée au dossier, lequel porte la date et l'heure de la signature. À ne pas confondre avec le PDF ci-dessous : ce n'est pas l'autorisation parentale, c'est la fiche de consentement du client, ici une cliente majeure.

Exemple de fiche de consentement piercing en PDF générée par ConsentForm : en-tête du studio, identité du client, questionnaire de santé et consentements. Voir en grand

Exemple de fiche de consentement piercing en PDF

Voici le document réellement généré par ConsentForm à la fin d'une séance : identité du client, questionnaire de santé, consentements, traçabilité et les deux signatures. Les informations sont fictives, la mise en page est celle que vous obtiendrez.

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