Le consentement microblading n'est pas un papier de plus : c'est la trace que votre cliente a été informée avant qu'une lame ne dépose du pigment dans la peau de son visage. Pour la loi française, le microblading est un tatouage : mêmes obligations d'information, même règle pour les mineures, même logique de preuve. Voici ce que la fiche doit contenir, ce qui est réellement imposé et ce qui relève de la bonne pratique.

Faut-il faire signer un consentement pour un microblading ?
La loi n'impose pas de consentement écrit à une cliente majeure. Elle impose en revanche de l'informer avant l'acte des risques, par un affichage dans le local et la remise d'un document écrit (art. R. 1311-12 du code de la santé publique). Pour une mineure, l'accord écrit d'un parent ou du tuteur est obligatoire, et vous devez pouvoir le présenter pendant trois ans (art. R. 1311-11). La fiche signée sert donc d'abord à une chose : prouver que l'information a bien été donnée, car en cas de litige c'est à vous de le démontrer.

Vérifié le 8 septembre 2026 · Sources : Légifrance, Service-Public.fr. Cet article a une visée informative et ne constitue ni un conseil juridique ni un avis médical.

Le microblading est-il un tatouage au sens de la loi ?

Oui. Le microblading consiste à déposer un pigment dans la peau, poil par poil, à l'aide d'une lame manuelle. C'est une technique de maquillage permanent, et le code de la santé publique range explicitement le maquillage permanent parmi « les techniques de tatouage par effraction cutanée » (art. R. 1311-1). L'arrêté du 3 décembre 2008, qui fixe le contenu de l'information à donner, vise lui aussi « la technique du maquillage permanent ». Peu importe donc que le résultat s'estompe en un ou deux ans, que la lame remplace le dermographe ou que l'on parle de sourcils plutôt que d'un avant-bras : les règles du tatouage s'appliquent.

Conséquence pratique : il n'existe pas de « formulaire microblading » juridiquement distinct. Le document à faire remplir est un formulaire de consentement maquillage permanent, c'est-à-dire un formulaire de consentement tatouage adapté au visage.

Le consentement microblading est-il obligatoire ?

Il faut distinguer trois choses que les modèles en ligne mélangent souvent :

  • L'information préalable est obligatoire, pour toute cliente. Avant l'acte, vous informez des risques encourus et, après, des précautions à respecter (art. R. 1311-12). Cette information est délivrée oralement, affichée de manière visible dans le local et remise par écrit (arrêté du 3 décembre 2008, art. 3). Ne pas le faire est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 5e classe (art. R. 1312-9).
  • Le consentement écrit n'est imposé que pour une mineure, et c'est celui d'une personne titulaire de l'autorité parentale ou du tuteur (art. R. 1311-11). Vous devez être en mesure de le présenter pendant trois ans.
  • Pour une cliente majeure, la signature relève de la preuve. Aucun texte ne l'exige, mais l'article 1112-1 du code civil met la charge de la preuve sur celui qui devait informer : si votre cliente affirme n'avoir jamais été prévenue du risque d'allergie ou du caractère durable du résultat, c'est à vous de prouver le contraire. Une fiche signée et datée est la façon la plus simple d'y parvenir.

Que doit contenir un formulaire de consentement microblading ?

Un bon formulaire tient sur quelques écrans et couvre huit points. Les quatre premiers correspondent à l'information que la réglementation vous demande de délivrer, les suivants à ce qui protège concrètement la cliente et le salon.

  1. L'identité de la cliente : nom, prénom, date de naissance (c'est elle qui déclenche le volet mineure), coordonnées.
  2. L'information préalable, reprise noir sur blanc : caractère durable du résultat, acte éventuellement douloureux, risques d'infection et d'allergie, temps de cicatrisation, précautions à suivre.
  3. La zone et la technique : sourcils, lèvres ou eye-liner ; microblading, poudré, ombré, contour ; la teinte visée. Un an plus tard, à la retouche ou en cas de réclamation, le dossier doit encore parler.
  4. Le questionnaire de santé (voir plus bas), avec la réponse à chaque question, y compris quand elle est « non ».
  5. La traçabilité des pigments : marque, référence et numéro de lot du pigment utilisé, par zone. C'est ce qui permet de remonter à un produit précis si une réaction survient des semaines plus tard.
  6. La retouche : le microblading se fait en deux temps. Notez la date prévue et faites signer une nouvelle fiche, ou un complément daté, lors de cette seconde séance.
  7. Les photos : une photo avant/après est une donnée personnelle et relève du droit à l'image. L'autorisation d'utiliser ces images, pour votre portfolio ou vos réseaux, doit être distincte du consentement à l'acte, explicite, et révocable.
  8. Les signatures et la date : celle de la cliente, la vôtre, et pour une mineure celle du parent ou du tuteur. Sans date, la fiche ne prouve pas grand-chose.

Pour le détail de chaque rubrique, le guide des mentions du formulaire de consentement tatouage s'applique tel quel au maquillage permanent.

Quelles questions de santé poser avant un microblading ?

Aucun texte ne fixe la liste des questions. Mais l'information préalable suppose de rechercher les contre-indications, et le visage ne pardonne pas l'à-peu-près. Les questions qui reviennent dans les cabines sérieuses : grossesse ou allaitement en cours, traitement médical en cours (en particulier anticoagulants et traitements dermatologiques), troubles de la coagulation, diabète, allergies connues (pigments, métaux, anesthésiants, latex), tendance aux cicatrices chéloïdes, herpès ou lésion sur la zone à traiter, maquillage permanent antérieur.

Le rôle du formulaire n'est pas de poser un diagnostic : c'est de garder la trace que la question a été posée et de la réponse donnée. En cas de réponse à risque, la décision de reporter ou de demander un avis médical vous appartient, et elle mérite elle aussi d'être notée.

Une mineure peut-elle faire un microblading ?

La loi ne fixe aucun âge minimum pour un tatouage, et le maquillage permanent suit la même règle. En dessous de 18 ans, l'acte est interdit « sans le consentement écrit d'une personne titulaire de l'autorité parentale ou de son tuteur » (art. R. 1311-11), et l'information préalable est donnée à la mineure et au parent (arrêté du 3 décembre 2008, art. 4). Vous devez pouvoir présenter cet accord pendant trois ans. Rien ne vous oblige pour autant à accepter : beaucoup de praticiennes refusent tout maquillage permanent avant la majorité, ce qui est leur droit.

Le détail des pièces à demander et des situations délicates (parents séparés, tuteur) est dans notre guide sur l'autorisation parentale pour un mineur.

Combien de temps conserver la fiche de consentement ?

Pour une mineure, la réponse est dans le code : trois ans pendant lesquels vous devez pouvoir présenter l'accord parental. Pour une cliente majeure, aucune durée n'est fixée par la réglementation du tatouage ; c'est le RGPD qui s'applique, avec une durée proportionnée à la finalité, c'est-à-dire pouvoir répondre à une réclamation ou retrouver un lot de pigment. Notre article sur la conservation des fiches de consentement et le RGPD détaille les durées et les bases légales.

Peut-on faire signer le consentement microblading sur tablette ?

Oui. Aucun texte n'impose le papier. Une signature tracée au doigt sur une tablette est une signature électronique « simple » : elle vaut comme preuve, mais seule une signature électronique qualifiée bénéficie d'une présomption de fiabilité (art. 1367 du code civil, règlement eIDAS). En pratique, ce qui compte pour un tribunal, c'est de pouvoir montrer qui a signé quoi et quand : un PDF horodaté, envoyé à la cliente et archivé au salon, est bien plus solide qu'une feuille volante rangée dans un classeur.

Un modèle de consentement microblading en PDF

Le document ci-dessous est la fiche de consentement maquillage permanent telle que ConsentForm la produit réellement : consentement adapté, questionnaire de santé, pigments et numéros de lot, zone, technique et teinte de la séance. Il vous montre à quoi ressemble le dossier qu'une cliente reçoit par e-mail après sa séance.

Exemple de fiche de consentement maquillage permanent en PDF générée par ConsentForm : en-tête du studio, identité du client, questionnaire de santé et consentements. Voir en grand

Exemple de fiche de consentement maquillage permanent en PDF

Voici le document réellement généré par ConsentForm à la fin d'une séance : identité du client, questionnaire de santé, consentements, traçabilité et les deux signatures. Les informations sont fictives, la mise en page est celle que vous obtiendrez.

Télécharger l'exemple de fiche de consentement maquillage permanent PDF (14 Ko)

Questions fréquentes

Microblading, poudré, dermopigmentation : même formulaire ?

Oui. Toutes ces techniques déposent un pigment dans la peau et relèvent du maquillage permanent, donc du tatouage au sens du code de la santé publique. Seule la rubrique « technique employée » change sur la fiche.

Faut-il refaire signer un consentement pour la retouche ?

La loi ne le dit pas. Mais la retouche est un nouvel acte, parfois avec un autre pigment ou un autre lot : une fiche ou un complément daté, signé ce jour-là, évite toute discussion sur ce que la cliente avait accepté.

Le questionnaire de santé est-il obligatoire ?

Aucun texte n'impose un questionnaire formalisé. En revanche, vous devez informer votre cliente des risques et rechercher les contre-indications : le questionnaire est le moyen le plus simple d'en garder la trace, question par question.

Puis-je publier la photo des sourcils de ma cliente ?

Seulement avec son autorisation explicite, distincte du consentement à l'acte. Une photo du visage est une donnée personnelle et relève du droit à l'image : précisez l'usage (portfolio, réseaux sociaux) et le fait qu'elle peut retirer son accord.

Sources

Avec ConsentForm, la fiche microblading se remplit en cabine

ConsentForm est l'application des tatoueurs, perceurs et praticiennes du maquillage permanent, sur iPhone, iPad et navigateur. Votre cliente remplit son parcours sur la tablette : identité, questionnaire de santé avec alertes, volet parental qui s'ouvre de lui-même dès qu'une date de naissance indique une mineure, signatures des deux parties. Vous notez la zone, la technique et le lot de pigment ; le PDF horodaté se range au salon et peut partir par e-mail à la cliente, retouche programmée avec rappel. Le formulaire utilisé est celui du tatouage : c'est exactement ce que prévoit le code.

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